mercredi 6 mars 2013

Richard


Cette oeuvre du grand Léo Ferré, c'est, pour moi, plus qu'une chanson.

C'est un souvenir d'étudiant.
C'était au début des années 70, je fréquentais l'Université Paris IV Sorbonne, préparant un DEUG de philosophie. La majorité des cours se déroulait à l'annexe, Porte de Clignancourt.

Sur la rue de Clignancourt se trouve un café où, en compagnie d'un condisciple, militant maoïste convaincu - il me traitait de "libéral", insulte suprême, et me promettait "la première charrette" quand viendrait "le Grand Soir" - nous refaisions le monde devant un verre de Muscadet et récitions des extraits de textes de Ferré, dont il était un fan plutôt atypique.

C'est là que nous sommes convenus que "Richard" parlait en quelque sorte de gens comme nous.

Nous avons finis par surnommer "Monsieur Richard" un petit monsieur, consommateur falot et discret, habitué du troquet que nous croisions à chacune de nos libations politico-littéraires.

Cette rêverie nostalgique, cette antienne poétique et lancinante, c'est toute ma jeunesse, entre espérances et soif d'absolu, entre recherche d'amour anarchique et  philosophie de comptoir...


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