samedi 30 juin 2012

Beverly Kills


Pour célébrer dignement ce jour de Fierté Gay, je vous propose un extrait de "Beverly kills", un film de Damion Dietz, réalisé en 2005 : une love story homo sur fond de tueur en série !
Mais restons zen, c'est une comédie...

bande annonce

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extrait chanté

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Bon défilé...!

mercredi 27 juin 2012

Princesse Salomé

La Princesse Salomé, belle fille du roi Hérode, serait, selon la Bible à l'origine du martyre de Jean le Baptiste.
Tombée amoureuse du prophète et ulcérée de se voir repoussée, elle charme son beau-père par une danse lascive et, en guise de récompense pour sa prestation, réclame la tête de Jean. Hérode est contraint de lui donner satisfaction, non s'en avoir tenté, en vain de lui proposer d'autre rétribution.

Le grand Oscar Wilde (1854-1900) en a fait l'héroïne d'une pièce de théâtre, "Salomé",  en un acte, et en français, en 1891.



LE JEUNE SYRIEN
Comme la princesse Salomé est belle ce soir !
LE PAGE D'HÉRODIAS
Regardez la lune. La lune a l'air très étrange. On dirait une femme qui sort d'un tombeau. Elle ressemble à une femme morte. On dirait qu'elle cherche des morts.
LE JEUNE SYRIEN
Elle a l'air très étrange. Elle ressemble à une petite princesse qui porte un voile jaune, et a des pieds d'argent. Elle ressemble à une princesse qui a des pieds comme des petites colombes blanches... On dirait qu'elle danse.
LE PAGE D'HÉRODIAS
Elle est comme une femme morte. Elle va très lentement.
(...) LA VOIX D'IOKANAAN
Après moi viendra un autre encore plus puissant que moi. Je ne suis pas digne même de délier la courroie de ses sandales. Quand il viendra la terre déserte se réjouira. Elle fleurira comme le lis. Les yeux des aveugles verront le jour, et les oreilles des sourds seront ouvertes... Le nouveau-né mettra sa main sur le nid des dragons, et mènera les lions par leurs crinières.
SECOND SOLDAT
Faites-le taire. Il dit toujours des choses absurdes.
PREMIER SOLDAT
Mais non ; c'est un saint homme. Il est très doux aussi. Chaque jour je lui donne à manger. Il me remercie toujours.
LE CAPPADOCIEN
Qui est-ce ?
PREMIER SOLDAT
C'est un prophète.
LE CAPPADOCIEN
Quel est son nom ?
PREMIER SOLDAT
Iokanaan.
LE CAPPADOCIEN
D'où vient-il ?
PREMIER SOLDAT
Du désert, où il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. Il était vêtu de poil de chameau, et autour de ses reins il portait une ceinture de cuir. Son aspect était très farouche. Une grande foule le suivait. Il avait même des disciples.
LE CAPPADOCIEN
De quoi parle-t-il ?
PREMIER SOLDAT
Nous ne savons jamais. Quelquefois il dit des choses épouvantables, mais il est impossible de le comprendre. 
LE CAPPADOCIEN
Peut-on le voir ?
PREMIER SOLDAT
Non. Le tétrarque ne le permet pas.
LE JEUNE SYRIEN
La princesse a caché son visage derrière son éventail ! Ses petites mains blanches s'agitent comme des colombes qui s'envolent vers leurs colombiers. Elles ressemblent à des papillons blancs. Elles sont tout à fait comme des papillons blancs.

En voici une vision, celle de la scénographe sarde Maria Cristina Madau :

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En 1894, le peintre et dessinateur Aubrey Beardsley (1872-1898) a réalisé une suite de tableaux illustrant les moments clés de la pièce :


Le compositeur Richard Strauss (1864-1949) s'est intéressé aussi à cette oeuvre et a mis l'adaptation allemande de Hedwig Lachmann en musique et a proposé son opéra "Salome" en 1905 à Dresde.
Retrouvons June Anderson dans ce rôle, en compagnie de Vincent Le Texier dans la peau du Baptiste, en 2001 :

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mardi 26 juin 2012

La 75ème minute

Une anecdote pour répondre à deux questions d'un coup.

Que s'est-il passé le 22 juin 1941 à l'Olympastadion de Berlin ?
Pourquoi le public du stade du Rapid de Vienne applaudit, chante, envoie des hourras, précisément à la 75ème minute de tout match disputé sur sa pelouse et ce quelles que soient les équipes en présence ?


Regardez bien le logo de l'équipe de Schalke 04.

On peut y voir, sur celui de gauche, les années qui ont vu le club de la Ruhr sacré Champion d'Allemagne.
Domination outrageuse dans l'immédiate avant guerre et pendant le conflit : 6 titres entre 1933 et 1942.
Quid, donc de la finale de 1941 ?
Cette année là, devant tous les dignitaires nazis, Hitler en tête, Schalke 04 dispute une nouvelle finale du Championnat face au Rapid de Vienne, intégré à la Gauliga depuis l'Anschluss de 1938.


Tout commence bien pour l'équipe favorite du régime qui mène bientôt 2 à 0.

Le Rapid marque mais se retrouve à nouveau deux points derrière, mené 3-1.
Les ex-autrichiens n'ont pas dit leur dernier mot et parviennent à égaliser.
L'ambiance est électrique dans la tribune officielle.

75ème minute : pour la quatrième fois le ballon finit au fond des filets de Schalke 04.
Hitler est furieux : des "étrangers" sont venus gâcher la fête du football allemand !
Il le sera d'autant plus que le Rapid Wien conserve son avantage et remporte le titre.

Depuis ce jour, à la 75ème minute de tout match, les supporters viennois rendent hommage, à leur manière, aux onze joueurs de 1941, tombeurs des enfants chéris du IIIème Reich...

dimanche 24 juin 2012

Arnaud Tsamere

Arnaud Tsedri - c'est son vrai nom - est né à Bordeaux le 11 mars 1975.
Comédien et humoriste, il commence sa carrière dans l'improvisation en 1994. Membre de plusieurs troupes, celui qui est devenu Arnaud Tsamere, s'illustre surtout dans le Déclic Théâtre à partir de 2001.
Mais c'est surtout après son passage dans l'émission de Laurent Ruquier, "On ne demande qu'à en rire", qu'il acquiert enfin une notoriété auprès du grand public.
Il propose, en 2002 et 2005,  deux one-man shows écrits en collaboration avec Arnaud Joyet puis François Rollin pour le deuxième.
Il participe au Festival de Montreux en 2010, où il délivre sa recette pour résoudre la crise économique :

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jeudi 21 juin 2012

Angelin Preljocaj

Le chorégraphe français d'origine albanaise, Angelin Preljocaj, est né à Sucy en Brie en 1957.
Son oeuvre est très marquée par le ballet classique tout en restant résolument contemporain.
Récipiendaire de plusieurs récompenses internationales, il compte 6 de ses créations au répertoire du Ballet de l'Opéra de Paris.
Le plus simple pour vous faire comprendre la diversité de son inspiration, voici 4 extraits de ballets :

"Kentavri"

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"Suivront mille ans de calme"

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"Helikopter" sur une musique originale de KarlHeinz Stockhausen

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"Le Parc"sur une sélection de musiques de Mozart avec une musique additionnelle de Gorand Vejvoda


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lundi 18 juin 2012

Les Mondes d'Aldébaran


Lui c'est Léo.
De son nom de baptême, Luiz Eduardo de Oliveira, né le 13 décembre 1944 à Rio de Janeiro.
C'est un dessinateur de bande dessinées.

Après avoir fui la dictature militaire dans son pays, il se réfugie au Chili en 1971. deux ans plus tard, il quitte le pays sous la menace des sbires de Pinochet et gagne l'Argentine dont il part en 1974 pour rentrer clandestinement au Brésil.

Il échoue finalement en France en 1981 où il livre des dessins publicitaires et quelques bandes publiées par les journaux "Pilote" et "L'Echo des Savanes". Repéré par Jean Claude Forest, il illustre des biographie d'hommes célèbres pour le magazine "Okapi".

C'est la rencontre avec Rodolphe que sa carrière prend son essor : il réalise les illustrations de ses scénarios.
Leur collaboration continue encore à ce jour dans les séries "Trent", "Kenya" et "Namibia".

En 1993, il réalise enfin son rêve : être auteur, dessinateur et coloriste de sa propre histoire.
Ainsi commence la série des " Mondes d'Aldébaran" qui sera suivie par "Bételgeuse" et "Antarès".
Léo possède un style classique, proche de la ligne claire belge mais est un spécialiste de la science fiction où il sait imaginer des créatures extra-terrestres crédibles.


vendredi 15 juin 2012

Ingrid Caven

Ingrid Caven est une actrice et une chanteuse allemande, née à Sarrebruck le 4 août 1938.
Et elle aurait bien pu ne jamais faire carrière.
Rendez-vous compte, en 1943, elle a interprété des chants de Noël devant Hitler et quelques officiers.
Un rapide calcul vous permettra de comprendre qu'elle n'était âgée que de 4 ans et qu'à la fin de la guerre, personne ne lui a tenu rigueur de cet "exploit".
Mariée au réalisateur Rainer-Werner Fassbinder, elle lui doit quelques rôles au cinéma mais c'est surtout en tant que chanteuse qu'elle est connue en France.
Elle interprète principalement des musiques signées de Peer Raben, grand nom de la chanson germanique.


Son compagnon actuel, Jean Jacques Schuhl, lui a écrit de nombreux textes de chansons et lui a consacré un roman qui reçoit le Prix Goncourt en 2000 :

Mais écoutons la diva qui sait donner de la voix dans trois langues :
de Rainer-Werner Fassbinder et Peer Raben : "Die grossen weissen Vögeln"

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"Each man kills the things he loves", texte d'Oscar Wilde, musique de Peer Raben :

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et en français, paroles de Jean-Jacques Schuhl, musique Peer Raben : "Trans Europe Tango"

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Un extrait "live" pour finir, en 1983 dans une émission télévisée spéciale, "In zehn Sekunden ist alles vorbei"

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mercredi 13 juin 2012

Craquantes mascottes

Depuis les Jeux olympiques de Munich en 1972, chacune des compétitions a été incarnée par une mascotte représentant soit un animal soit un être humain stylisé.
Je vous propose, à quelques semaines des Jeux de Londres, une petite évocation des petits bonshommes qui ont été choisis pour personnifier cette compétition de légende.

Albertville 1992

Atlanta 1996

Athènes 2004

Turin 2006
Londres 2012

dimanche 10 juin 2012

Adonis


Ali Ahmad Saïd Esber, dit Adonis, est né à Kassabine, en Syrie, le 1er janvier 1930.

Poète et essayiste, Adonis est depuis plus de 40 ans une figure de proue de la littérature arabe moderne. Professeur de littérature arabe à l’Université de Beyrouth, puis délégué permanent adjoint de la Ligue des états arabes auprès de l’Unesco, en 1989. Ses nombreux ouvrages publiés ont été traduits en plusieurs langues.
Adonis est également critique et traducteur.

De plus, il a réalisé des créations plastiques, calligraphies et collages inédits qui font partie intégrante de son œuvre. Il vit à Paris depuis 1986.

Régulièrement cité parmi les favoris du Prix Nobel, les jurés suédois s'obstinent à l'ignorer...
Il a 82 ans, il serait temps qu'ils apprennent à le lire !


Toucher la lumière
 
Par une nuit de pleine lune
essaye de fixer la galaxie

Tu verras qu’elle est cours d’eau
avec tes bras pour affluents
ta poitrine pour estuaire
 
Aujourd’hui le ciel a écrit son poème
à l’encre blanche
Il l’a appelé neige
Ton rêve rajeunit tandis que tu vieillis
Le rêve grandit en marchant
vers l’enfance

Le rêve est une jument
qui au loin nous emporte
sans jamais se déplacer


Le nuage est las de voyager
Il descend à la plus proche rivière
pour laver sa chemise


A peine a-t-il mis les pieds dans l’eau
que la chemise se dissout
et disparaît
 
Une rose sort de son lit
prend les mains du matin
pour se frotter les yeux






Le palmier parle avec son tronc

la rose avec son odeur
 
Le vent et l’espace vagabondent
main dans la main
 
Arc-en-ciel ?
Unité du ciel et de la terre
tressés en une seule corde
 
Il marche sur les versants de l’automne
appuyé au bras du printemps


Le ciel pleure lui aussi
mais il essuie ses larmes
avec le foulard de l’horizon
 
Quand vient la fatigue
le vent déroule le tapis de l’espace
afin de s’y allonger


Dans la forêt de mes jours
aucune place
sauf pour le vent
 
Pour toucher la lumière
tu dois t'appuyer sur ton ombre


 
Je sens parfois que le vent
est un enfant qui crie
porté sur mes épaules
Comment décrire à l’arbre
le goût de son fruit ?
A l’arc
le travail de la corde ?


 
Telle une main
la lumière se déplace
sur le corps des ténèbres
C’est l’épaule de l’espace
qui s’effondre là-bas
sous les nuages noirs
 
L’espace dans l’œil de la guillotine
est lui aussi tête à couper
 
Tu ne peux être lanterne
si tu ne portes la nuit
sur tes épaules



Je conclurai un pacte avec les nuages
pour libérer la pluie
Un autre avec le vent
pour qu’il nous libère
les nuages et moi
La parole est demeure dans l’exil
chemin dans la patrie



 
Qu’il est étrange ce pacte
entre les vagues et le rivage –
le rivage écrit le sable
les vagues effacent l’écriture

Mémoire – ton autre demeure
où tu ne peux pénétrer
qu’avec un corps devenu
souvenir





 Adonis, in Toucher la lumière, Ed. Fata Morgana, 1997. Ouvrage d’artiste en édition limitée à 30 exemplaires.Texte traduit de l’arabe par Anne Wade Minkowski.