lundi 20 novembre 2017

Haroun, le new style du stand-up

La mode semble être aux artistes qui ont des airs de premiers de la classe.

Après Stromaë et Vianney, voici Haroun.

Lui ne chante pas - pas encore - mais fait du stand-up.

Ce natif de l'Essonne qui a grandi à Bures-sur-Yvette a co-écrit et mis en scène plusieurs spectacles d'humour qui ont tourné en banlieue ou en province.

C'est son passage au Jamel Comedy Club en 2015 que son humour caustique, pince sans rire et parfois absurde se révèle au grand public et lui vaut le succès sur Youtube.

Quelques extraits de son spectacle joué en janvier 2017 au Théâtre la République :




Son passage au Jamel Comedy Club


Enfin, ce petit bijou qui nous caractérise si bien :


samedi 18 novembre 2017

L'héritage perdu de Hergé - 1

On sait que Georges Rémy souhaitait que ses héros, Tintin en particulier, ne soient pas repris par d'autres dessinateurs et que son oeuvre demeure à jamais en l'état au jour de sa disparition.

La Fondation Moulinsart veille avec zèle au strict respect de ces volontés.

Ainsi nous n'avons pas eu le droit de lire l'ultime volume des aventures de Tintin, L'Alph-art, bien que les croquis et les notes d'Hergé auraient pu permettre leur réalisation et diffusion.

Le dessinateur québécois Yves Rodier l'a néanmoins mis sous forme d'un album de 62 pages, conforme à l'esprit et la lettre de la collection.

La réaction des ayant-droits ayant été violente - interdiction et menaces de procès - les amateurs en sont réduits à la lecture d'éditions pirates.

Mais Tintin et l'Alph-art n'est pas le seul script laissé en chantier par Hergé.

Tintin et le Thermozéro aurait pu être le 25ème épisode des aventures du petit reporter belge.


En route pour Moulinsart, Tintin, le Capitaine Haddock et le professeur Tournesol sont témoins d'un accident de la route. Prêt à secourir le blessé qui a manqué de les envoyer dans le décor, Tintin, sous une pluie battante, le couvre de son imperméable. Surgissent un certain nombre de personnages s'empressant de secourir le blessé et l'emmener avant l'arrivée d'une ambulance. Ce dernier, se sentant en danger, cache dans la poche de la gabardine de Tintin ce qui ressemble à un insecticide. Au bout de quelques jours, Tintin s'aperçoit que la majorité des témoins de cet accident ont été cambriolés. Le jeune reporter en arrive à la conclusion que l'accidenté est possesseur d'un objet très convoité et part enquêter. Entre-temps, le professeur Tournesol, attristé de l'état du manteau de Tintin, envoie le vêtement à la blanchisserie. Rapidement, le Capitaine Haddock est enlevé par des malfrats. Tintin se voit proposer le marché suivant : « l'objet » contre le Capitaine Haddock. Rendez-vous est pris à Berlin. Contre toute attente, Tintin ne vient pas avec l'objet tant convoité mais avec un émetteur qui permet à la police de capturer les bandits. Dans le même temps, le produit est retrouvé. Par ailleurs, il se révèle inopérant, l'un des composants manquant pour le rendre efficace.

Ce synopsis élaboré en 1960 a fait l'objet de quatre découpages, tous inachevés (le plus abouti se termina à la 43ème page).

Hergé abandonna l'idée pour se lancer sur Les Bijoux de la Castafiore.

Seules quelques pages crayonnées nous sont parvenues.
Yves Rodier a mises "au propre" avec son brio habituel la page 4,
Ralf Edenbag a reproduits en couleurs les 2 et 5.




mercredi 15 novembre 2017

Divas divines : 11 - Juliette Gréco

Chanteuse et comédienne, Juliette Gréco est née le 7 février 1927 à Montpellier.

Depuis ses débuts en 1946 dans les milieux intellectuels de Saint-Germain-des-Près, elle incarne la chanson française classique pour ne pas dire classieuse.

Interprète légendaire elle popularise Jacques Brel, Maurice Fanon, Henri Gougaud, Serge Gainsbourg et bien d'autres.

Elle est à ce jour le dernier "monstre sacré" de la chanson de qualité, exigeante et poétique.

Avant qu'on n'en soit aux éloges nécrologiques, savourons quelques morceaux de son répertoire, sélection arbitraire et subjective.

"Marions les" de Robert Nyel et Gaby Verlor


"Les canotiers" de Georges Walter et Philippe-Gérard


"Non monsieur, je n'ai pas vingt ans" de Henri Gougaud et Gérard Jouannest


"J'ai le coeur aussi grand" de Bernard Dimey et Johnny Rech



"Un petit poisson, un  petit oiseau" de Jean-Max Rivière et Gérard Bourgeois



lundi 13 novembre 2017

Mount Olympus : le délire mythologique de Jan Fabre


Le chorégraphe et metteur en scène flamand Jan Fabre (né à Anvers le 14 décembre 1958) a proposé lors du Festival d'Avignon 2015 un spectacle hors normes.

Pendant 24 heures, sans interruption, il présente une relecture de la mythologie grecque, baroque, fantasque, érotique et burlesque : Mount Olympus !

En voici deux extraits.
Tout d'abord le fameux sirtaki sexy


et le final très coloré


Jan Fabre est également sculpteur et a réalisé des oeuvres monumentales qu'il fait voyager à travers le monde.











samedi 11 novembre 2017

Alan Seeger, soldat poète


Alan Seeger est né le 22 juin 1888 à New York.

Il passe son enfance dans la maison familiale sise au pied de la Statue de la Liberté.
Puis, à 12 ans, il suit ses parents au Mexique.

Deux ans plus tard, il est de retour aux Etats-Unis pour y poursuivre ses études.
Entré à Harvard en 1906, il en sort diplômé en 1910.

Passionné de littérature, d'histoire médiévale et de sports, il quitte son pays pour s'établir à Paris en 1912.
Collaborateur du journal Le Mercure de France, il rédige des articles pour des revues anglaises et américaines.
C'est en France qu'il produit ses premiers poèmes.

Quand la Première Guerre Mondiale éclate, il défile à la tête des américains de Paris qui ont décidé de s'engager pour défendre le pays qui les a accueillis.

Le 24 août 1914 il intègre le 2° régiment de marche de la Légion Etrangère à Toulouse.

Il combat à la Bataille de la Marne, dans les Marais de Saint-Gond, puis au Chemin des Dames.
Suivront la Haute Saône et la Champagne.

Brièvement envoyé à Biarritz pour raisons sanitaires, il rejoint le front en avril 1916.
En juillet, son régiment est engagé dans la bataille de la Somme.

Le 4 juillet - jour de la fête nationale américaine - le soldat Alan Seeger est tué au combat à Belloy-en-Santerre.

Porté disparu, il est supposé avoir été enterré à l'ossuaire de la Nécropole nationale de Lihons.

Son journal et sa correspondance à sa mère et sa soeur pendant le conflit ont été publiés après la guerre.
Mais ce sont ses poèmes qui lui ont valu le respect et l'admiration de ses compatriotes.

En particuliers celui qu'il rédigea le 17 juin 1915 sur le Chemin des Dames, au titre prémonitoire,
"J'ai un rendez-vous avec la Mort" :


J’ai un rendez-vous avec la Mort
Sur quelques barricade âprement disputée,
Quand le printemps revient avec son ombre frémissante
Et quand l’air est rempli des fleurs du pommier.

J’ai un rendez-vous avec la Mort
Quant le printemps ramène les beaux jours bleus.
Il se peut qu’elle prenne ma main


Et me conduise dans son pays ténébreux
Et ferme mes yeux et éteigne mon souffle.
Il se peut qu’elle passe encore sans m’atteindre.

J’ai un rendez-vous avec la Mort
Sur quelque pente d’une colline battue par les balles
Quand le printemps reparaît cette année
Et qu’apparaissent les premières fleurs des prairies.

Dieu sait qu’il vaudrait mieux être au profond
Des oreillers de soie et de duvet parfumé
Ou l’Amour palpite dans le plus délicieux sommeil,
Pouls contre pouls et souffle contre souffle,
Ou les réveils apaisés sont doux.

Mais j’ai un rendez-vous avec la Mort
A minuit, dans quelque ville en flammes,
Quand le printemps d’un pas léger revient vers le nord cette année
Et je suis fidèle à ma parole :
Je ne manquerai pas ce rendez-vous-là.




I HAVE A RENDEZVOUS WITH DEATH . .


I have a rendezvous with Death
At some disputed barricade,
When Spring comes back with rustling shade
And apple-blossoms fill the air—
I have a rendezvous with Death
When Springs brings back blue days and fair.


It may be he shall take my hand
And lead me into his dark land
And close my eyes and quench my breath—
It may be I shall pass him still.
I have a rendezvous with Death
On some scarred slope of battered hill,
When Spring comes round again this year
And the first meadow-flowers appear.


God knows 'twere better to be deep
Pillowed in silk and scented down,
Where Love throbs out in blissful sleep
Pulse nigh to pulse, and breath to breath,
Where hushed awakenings are dear . . .
But I've a rendezvous with Death
At midnight in some flaming town,
When Spring trips north again this year,
And I to my pledged word am true.
I shall not fail that rendezvous.

mercredi 8 novembre 2017

Fréhel : cap sur la mémoire

Quitte à remonter dans le temps allons y franchement !
Je vous propose un bond de plus de 100 ans dans l'histoire de la chanson française.


Cette ravissante jeune femme se nommait Marguerite Boulc'h et naquit à Paris le 13 juillet 1891.

C'est à partir de 1908 qu'elle se fait remarquer sous le pseudonyme de Pervenche - puis de Fréhel à partir des années 20 - avec un répertoire réaliste et rencontre un grand succès.
Sa vie sentimentale par contre est catastrophique et l'entraîne vers une surconsommation d'alcool et de drogue.

Après une éclipse au début des années 30, elle revient en jouant au cinéma alors que ses abus ont fortement empâté sa silhouette.

C'est à cette période qu'elle enregistre ce titre que j'affectionne particulièrement, "Où est-il donc ?"
écrit et composé par le grand Vincent Scotto :


Elle interprète, avec une grande émotion, ce titre dans le film de Julien Duvivier, "Pépé le Moko" avec Jean Gabin.
Elle y campe une ancienne artiste de cabaret qui se penche avec tristesse sur les photos de son glorieux passé : c'est exactement ce que l'artiste éprouve elle même à cette époque :



Fréhel s'éteint, dans la misère, le 3 février 1951 dans ce Paris qu'elle n'a cessé d'aimer.

lundi 6 novembre 2017

Le surréalisme-naïf de San Poggio


On apprend peu de chose sur Santiago "San" Poggio en écumant internet.

Cet artiste argentin réalise des toiles qui mettent en scène, sur fond de paysages improbables et très architecturés, des personnages au comportement étrange voire sadique ou violent mais dans des postures statiques qui font penser à l'art naïf.